Veille mondiale SST N°006 – Semaine du 31 octobre au 06 novembre 2026
Semaine du 31 octobre 2026 au 6 novembre 2026
Silicose dans les mines artisanales, déclaration des incidents et exploitation des dossiers AT/MP : sept ressources inédites dans la veille éclairent ces priorités. La sélection comprend quatre références centrées sur l’Afrique ou incluant un cas africain, et trois études internationales. Les dates distinguent la parution en ligne, la publication en numéro et l’acceptation d’un manuscrit.
Lectures prioritaires
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La silicose dans les mines artisanales appelle une réponse coordonnée
Les auteurs relient l’exposition aux poussières de silice dans les petites mines aux lacunes de dépistage, de surveillance communautaire et de coordination des contrôles. Ils soulignent le risque accru de tuberculose associé à la silicose et préconisent d’agir conjointement sur les poussières, le repérage des cas et l’accès aux soins. Cette perspective synthétise des données existantes ; elle ne présente ni nouvelle enquête de prévalence ni évaluation d’une intervention.
Intérêt pour les organismes membres : Le CASSMICA et les organismes de sécurité sociale pourraient tester un parcours commun : repérer les tâches qui émettent des poussières, vérifier les mesures de réduction à la source et organiser l’orientation médicale et le suivi des suspicions de maladie professionnelle.
★ Lecture prioritaire de la semaine — Pour préparer une action qui associe réduction des poussières, dépistage et accès aux soins.
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Pourquoi les travailleurs signalent certains incidents et en taisent d’autres
Les entretiens avec 34 salariés de la construction et de la réparation navales montrent que le signalement dépend de la gravité perçue, mais aussi de la réaction attendue de l’encadrement et du contexte de travail. Certains salariés n’ont déclaré l’incident qu’après aggravation de la blessure. L’étude éclaire la décision de signaler, sans mesurer le taux de sous-déclaration du secteur. Springer Nature Link
Intérêt pour les organismes membres : Demander aux CSST de tester le parcours réel de déclaration avec les salariés, intérimaires et sous-traitants : savent-ils à qui s’adresser, peuvent-ils signaler un quasi-accident sans crainte et reçoivent-ils un retour sur les suites données ? Suivre le délai de réponse et la proportion de corrections vérifiées.
★ Lecture prioritaire de la semaine — Pour vérifier si les procédures de déclaration fonctionnent dans les conditions réelles de travail.
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Les dossiers de lésions lombaires les plus coûteux méritent une analyse à part
Sur 797 dossiers clos, les 5 % les plus coûteux concentraient 52,1 % des coûts. Les infirmiers et aides aux soins étaient les métiers les plus touchés ; le levage, la poussée et la traction dominaient parmi les mécanismes. Les dossiers suivis par le service de médecine du travail coûtaient moins cher en moyenne, mais cette comparaison observationnelle ne démontre pas que le mode de suivi explique l’écart.
Intérêt pour les organismes membres : Pour l’OSRATMP et les caisses, compléter le classement par fréquence avec un classement par durée d’arrêt et coût cumulé. Les dossiers lourds peuvent révéler des priorités d’aménagement des postes ou de retour au travail qui restent peu visibles dans les totaux annuels.
★ Lecture prioritaire de la semaine — Pour repérer, dans les fichiers AT/MP, les tâches et les dossiers qui concentrent les arrêts longs et les coûts.
🌍 Ressources Afrique
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La silicose dans les mines artisanales appelle une réponse coordonnée
Les auteurs relient l’exposition aux poussières de silice dans les petites mines aux lacunes de dépistage, de surveillance communautaire et de coordination des contrôles. Ils soulignent le risque accru de tuberculose associé à la silicose et préconisent d’agir conjointement sur les poussières, le repérage des cas et l’accès aux soins. Cette perspective synthétise des données existantes ; elle ne présente ni nouvelle enquête de prévalence ni évaluation d’une intervention.
Intérêt pour les organismes membres : Le CASSMICA et les organismes de sécurité sociale pourraient tester un parcours commun : repérer les tâches qui émettent des poussières, vérifier les mesures de réduction à la source et organiser l’orientation médicale et le suivi des suspicions de maladie professionnelle.
★ Lecture prioritaire de la semaine — Pour préparer une action qui associe réduction des poussières, dépistage et accès aux soins.
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Mesurer le bruit dans les petits ateliers de métallurgie
Les mesures individuelles indiquent une exposition moyenne sur huit heures de 97,9 dB(A) chez 66 métalliers, contre 76,6 dB(A) chez 22 agents de nettoyage. Les métalliers ont pourtant présenté, dans cet échantillon, une durée et une efficacité du sommeil supérieures. La comparaison entre deux métiers et le caractère transversal de l’étude ne permettent pas d’attribuer cette différence au bruit.
Intérêt pour les organismes membres : Utiliser la dosimétrie individuelle dans les petits ateliers pour repérer les tâches les plus bruyantes, puis mesurer à nouveau l’exposition après entretien, isolement ou modification des équipements. L’étude apporte des mesures de terrain, en complément des pistes de dépistage auditif présentées au n°005.
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Près d’un soudeur sur deux a déclaré une lésion oculaire liée au travail
Parmi 414 soudeurs de petits ateliers enregistrés, 46,7 % ont déclaré une lésion oculaire liée au soudage au cours des douze mois précédant l’enquête. L’accès déclaré à une protection oculaire atteignait 81,4 %, contre 71,5 % pour son utilisation. Le soudage à l’arc, l’absence de formation et le non-port de protection étaient associés aux lésions ; l’enquête ne permet pas d’établir une causalité.
Intérêt pour les organismes membres : Lors des visites d’atelier, vérifier avec les soudeurs l’adéquation du filtre au procédé, la protection des personnes à proximité et les obstacles à l’utilisation des équipements. Un registre simple des lésions, classées par tâche et mécanisme, aiderait à cibler les corrections.
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Étendre la sécurité sociale aux travailleurs de l’économie informelle
Le rapport compare les obstacles à l’affiliation : revenus irréguliers, capacité contributive limitée et coûts d’accès aux dispositifs. Il examine notamment un pilote chinois de protection contre les accidents du travail pour les nouvelles formes d’emploi et propose, pour le Kenya et le Laos, de combiner socle de protection, aides ciblées et services mobiles. Le pilote chinois fournit un cas de mise en œuvre ; le rapport ne démontre pas que ses résultats se reproduiraient au Kenya.
Intérêt pour les organismes membres : Pour une caisse qui souhaite couvrir les indépendants, distinguer trois résultats dans un pilote : affiliation effective, déclaration après accident et accès à la prestation. Les organisations de travailleurs peuvent aider à repérer à quelle étape les personnes renoncent ou sont exclues.
🌐 Ressources internationales
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Pourquoi les travailleurs signalent certains incidents et en taisent d’autres
Les entretiens avec 34 salariés de la construction et de la réparation navales montrent que le signalement dépend de la gravité perçue, mais aussi de la réaction attendue de l’encadrement et du contexte de travail. Certains salariés n’ont déclaré l’incident qu’après aggravation de la blessure. L’étude éclaire la décision de signaler, sans mesurer le taux de sous-déclaration du secteur. Springer Nature Link
Intérêt pour les organismes membres : Demander aux CSST de tester le parcours réel de déclaration avec les salariés, intérimaires et sous-traitants : savent-ils à qui s’adresser, peuvent-ils signaler un quasi-accident sans crainte et reçoivent-ils un retour sur les suites données ? Suivre le délai de réponse et la proportion de corrections vérifiées.
★ Lecture prioritaire de la semaine — Pour vérifier si les procédures de déclaration fonctionnent dans les conditions réelles de travail.
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Les dossiers de lésions lombaires les plus coûteux méritent une analyse à part
Sur 797 dossiers clos, les 5 % les plus coûteux concentraient 52,1 % des coûts. Les infirmiers et aides aux soins étaient les métiers les plus touchés ; le levage, la poussée et la traction dominaient parmi les mécanismes. Les dossiers suivis par le service de médecine du travail coûtaient moins cher en moyenne, mais cette comparaison observationnelle ne démontre pas que le mode de suivi explique l’écart.
Intérêt pour les organismes membres : Pour l’OSRATMP et les caisses, compléter le classement par fréquence avec un classement par durée d’arrêt et coût cumulé. Les dossiers lourds peuvent révéler des priorités d’aménagement des postes ou de retour au travail qui restent peu visibles dans les totaux annuels.
★ Lecture prioritaire de la semaine — Pour repérer, dans les fichiers AT/MP, les tâches et les dossiers qui concentrent les arrêts longs et les coûts.
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La crainte d’être remplacé par l’IA peut signaler un risque de surtravail
Parmi les 337 salariés du secteur des technologies ayant répondu aux deux vagues, la crainte d’un remplacement par l’IA était associée à davantage de surinvestissement dans le travail et à plus d’épuisement émotionnel un mois plus tard. Le lien entre la crainte et le surinvestissement était plus marqué chez les personnes qui accordaient le plus de sens à leur travail. L’étude mesure une menace perçue et des associations ; elle n’évalue pas l’effet d’un déploiement concret de l’IA.
Intérêt pour les organismes membres : Lors d’un projet d’automatisation, associer les représentants des travailleurs avant le déploiement et suivre ensuite la charge, les heures supplémentaires et les besoins de formation. Des résultats agrégés permettent au CSST d’identifier les services à accompagner sans étiqueter les personnes.
Tendances émergentes
La couverture statistique devient une question de prévention. Les ateliers informels et les petites mines exigent des mesures de terrain et des voies de déclaration accessibles, car les fichiers d’indemnisation ne décrivent que les cas qui y entrent.
Le signalement prend de la valeur lorsqu’il débouche sur une correction. Le délai de réponse, la vérification de la mesure et le retour au déclarant sont trois indicateurs directement utilisables par les CSST.
La transition vers l’IA élargit le champ de l’évaluation SST. Au-delà des performances de l’outil, les premiers signaux à suivre concernent l’évolution des tâches, de la charge et de la sécurité perçue de l’emploi.
À retenir pour les organismes membres
Relier chaque signal à une décision de prévention. Trois chantiers peuvent être proposés aux organismes membres :
- CASSMICA : expérimenter une fiche de visite pour les petites mines qui relie tâche exposante, maîtrise des poussières et orientation des travailleurs.
- Forum des CSST : tester un circuit de signalement comprenant un accusé de réception, un responsable de la correction et un retour au travailleur.
- OSRATMP : définir un socle commun pour les dossiers graves : métier, tâche, mécanisme, jours d’arrêt, coût et situation au retour au travail.