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10e SYAPRO à Ouagadougou : le numérique au cœur de la prévention des risques professionnels

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  • Dernière modification de la publication :1 octobre 2026

Réunis du 21 au 25 septembre 2026 à Ouagadougou, plus de 350 participants ont examiné les transformations du travail à l’ère du numérique et leurs conséquences sur la sécurité et la santé des travailleurs. La 10e édition du SYAPRO s’est achevée sur six recommandations pour les pays membres de l’IAPRP et la distinction de productions audiovisuelles et graphiques consacrées à la prévention.

Comment tirer parti du numérique pour mieux prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles, tout en maîtrisant les risques qu’il fait émerger ? Cette question a traversé les cinq jours du Symposium sur l’Audiovisuel et la Prévention des Risques Professionnels de Ouagadougou (SYAPRO), organisé par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) du Burkina Faso, sous l’égide de l’Interafricaine de la Prévention des Risques Professionnels (IAPRP).

À l’hôtel Sopatel Silmandé, des participants de onze pays membres de l’IAPRP et des États-Unis, ainsi que des représentants du Bureau international du Travail (BIT) et de l’Association internationale de la sécurité sociale (AISS), se sont retrouvés autour du thème « La prévention des risques professionnels à l’ère de l’économie numérique : impact, défis et perspectives ».

Des outils nouveaux et des risques à maîtriser

La cérémonie officielle d’ouverture du 22 septembre, a été présidée par Monsieur Émile ZERBO, Ministre d’État, Ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité du Burkina Faso, représentant le Premier Ministre. Le Dr Herman Yacouba Nacambo, Directeur Général de la CNSS du Burkina Faso, le Dr Eba Assanvo Jacob, Secrétaire Général par intérim de l’IAPRP et représentant du Président de l’organisation, ainsi que Monsieur Idrissa NASSA, Président de la Confédération générale des entreprises du Faso et Parrain de la cérémonie, sont également intervenus.

Les possibilités offertes par le numérique en matière de formation, de communication et de gestion des risques ont été au centre des interventions. Mais l’hyperconnexion, la surcharge cognitive, la sédentarité, l’isolement et les risques psychosociaux ont aussi été soulevés. Les échanges ont ainsi posé la nécessité d’adapter les réponses de prévention aux réalités africaines.

Lors de la conférence inaugurale, Mahamadi Rouamba, Expert en cybersécurité pour le secteur des services financiers de l’UEMOA, a analysé la transformation du travail et des métiers de la prévention. Son intervention a mis en lumière les défis juridiques et culturels, ainsi que la protection des données personnelles. L’ergonomie, le droit à la déconnexion, le dialogue social et la formation continue ont été présentés comme des pistes d’amélioration.

Des recommandations pour les pays membres

Cinq panels et sept communications libres ont permis de confronter les expériences sur les effets du numérique, les stratégies de communication et l’intelligence artificielle en sécurité et santé au travail. Les travaux étaient encadrés par un comité scientifique international de quatorze professionnels et experts, présidé par la Professeure Marthe Sandrine Sanon/Lompo et co-présidé par le Dr Jean Paul Ouédraogo.

Les échanges ont également bénéficié des contributions de l’Organisation internationale du Travail (OIT), à travers l’intervention du Dr Joseph DIEUBOUE, spécialiste en sécurité et santé au travail au Bureau international du Travail (BIT) basé à Dakar, et de l’Association internationale de la sécurité sociale (AISS), représentée par Mme Marie DIALLO, coordonnatrice pour l’Afrique.

Deux commissions ont travaillé sur le renforcement de l’utilisation du numérique dans les pays membres et sur un paquet minimum d’activités et d’outils destiné aux organismes nationaux de sécurité sociale (ONSS). En marge des séances, les directeurs généraux des ONSS et les associations de victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles ont tenu des concertations. Les stands du Burkina Faso, du Mali, du Niger, de la République centrafricaine et du Sénégal ont également favorisé le partage de supports de sensibilisation.

Au terme des échanges, les participants ont recommandé d’harmoniser et de digitaliser les données sur les accidents du travail et les maladies professionnelles afin de constituer un socle commun dans l’espace IAPRP. Ils ont aussi appelé à renforcer les compétences des professionnels en matière de données et d’intelligence artificielle, dans le respect de l’éthique et de la protection des données personnelles, et à élaborer un guide sous-régional sur le document d’évaluation des risques professionnels.

Les trois autres recommandations portent sur la prise en compte des travailleurs du secteur informel dans les campagnes de sensibilisation des associations et ONG en SST, le renforcement des programmes conjoints entre les ONSS et les organisations patronales et syndicales, ainsi que la représentation effective des pouvoirs publics, des employeurs et des travailleurs aux activités de l’IAPRP.

Trente-quatre œuvres en compétition

Le concours international a donné une place aux affiches, aux chansons, aux spots, aux clips vidéo et aux courts métrages comme moyens de sensibilisation. Présidé par Monsieur Marc Joël BATCHIELILY, de la CNSS du Gabon, le jury a examiné 34 œuvres admises à concourir sur les 36 reçues de six pays. Deux productions avaient été disqualifiées pour non-respect du règlement. La pertinence du thème, la qualité technique, la clarté du message et sa capacité à susciter un changement durable de comportement figuraient parmi les critères d’évaluation.

Dans la catégorie des ONSS, la CNSS du Burkina Faso a remporté le premier prix de l’affiche, devant la CNSS du Niger. L’Institut national de prévoyance sociale (INPS) du Mali a obtenu le premier prix du clip vidéo. La CNPS de Côte d’Ivoire a été distinguée pour le court métrage « Le mauvais plan ». Le prix du jury audiovisuel des ONSS est revenu à la CNSS du Niger pour « Une seconde d’inattention, une vie transformée ».

Dans la catégorie des entreprises et partenaires, la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) a remporté les deux premiers prix de l’affiche. Le Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB) a obtenu le premier prix du clip vidéo avec « Une journée sans sécurité », devant l’Association des victimes d’accidents du travail (AVICAT) du Mali et son œuvre « Les témoins vivants ».

Le premier prix de la chanson a été attribué à la Fondation BETA de Côte d’Ivoire, le deuxième au Réseau des Caisses Populaires du Burkina (RCPB) pour « Santé et sécurité, notre priorité ». L’Association Découvre le Monde SARL de Côte d’Ivoire a reçu le prix du meilleur spot sur la prévention des risques électriques. 

La Fédération ivoirienne des personnes victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles (FIPVAT/MP) a remporté le prix du meilleur court métrage et le prix du jury audiovisuel des entreprises et partenaires pour « Le témoignage qui sauve des vies ».

La mise en œuvre attendue

Présidant la clôture le 25 septembre au nom du Premier ministre, Mathias Traoré, Ministre des Serviteurs du peuple du Burkina Faso, a appelé les participants à traduire les acquis du symposium en actions concrètes et à suivre la mise en œuvre des recommandations.

L’harmonisation des données, la formation des professionnels et l’intégration du secteur informel constituent désormais des orientations proposées aux acteurs de l’espace IAPRP. Leur mise en œuvre doit permettre de mieux utiliser le numérique dans la prévention et de faire parvenir les messages de sécurité et de santé à davantage de travailleurs.

BONI Ettien, Point Focal IAPRP.